Accueil > Actualités > COVID-19 : Un immense bond en arrière pour les droits des femmes

Aide et Action, association internationale de développement par l’Éducation, dresse un constat pessimiste de l’évolution des droits des filles et des femmes. Ainsi, concomitamment à une désertion des établissements scolaires, ces dernières sont de plus en plus assignées au foyer. C’est plus particulièrement le cas dans les pays les moins avancés. Si des mesures ne sont pas prises dès à présent, le « Monde d’Après », qui tarde à venir du fait de l’évolution alarmante de la pandémie, risque de débuter par une intolérable régression de leurs droits.

« Il suffirait d’une crise… » prévenait Simone de Beauvoir. La crise est là et les conséquences pour les femmes ne se sont pas fait attendre. En effet, dans le monde, les impacts économiques, sociaux et politiques de la COVID-19 sont particulièrement violents sur les filles et les femmes.

Les femmes (qui représentent 70% des personnels de Santé [1]) ont immédiatement été davantage exposées au virus et à une surcharge de travail, entraînant, de fait, un surplus de fatigue physique et mentale pour elles.

Dans les contextes de confinements, elles ont majoritairement, et conformément aux normes sociales, culturelles et idéologiques qui prévalent, endossé la charge de l’ensemble des tâches domestiques, et notamment celles liées à la garde et à l’Éducation des enfants [2].

Avec la mise à l’arrêt des services de base, leurs accès aux soins et aux plannings familiaux ont été sévèrement entravés, ce qui a eu pour conséquences : une hausse des grossesses non désirées [3] et des avortements à risque, ainsi qu’une privation de toute possibilité d’assistance et de soutien dédiés.

La pandémie de COVID-19 a également mis à mal les efforts engagés pour lutter contre le mariage précoce. En raison de la hausse de la pauvreté liée à la crise, 11 millions de filles, du pré-primaire à l’enseignement supérieur, risquent de ne pas retourner à l’école [4] et plus de 13 millions [5] de filles, âgées de moins de 18 ans, pourraient être mariées de force entre 2020 et 2030. Dans la quasi-totalité des pays [6] du monde, confinements ont, par ailleurs, favorisé l’augmentation des violences commises à l’égard des femmes.

La crise actuelle n’est, en matière de droits des femmes, pas différente des autres crises, sociales et économiques. Elle démontre, malheureusement et une fois de plus, que rien n’est jamais acquis pour les filles et les femmes et que celles-ci restent, malgré tout, victimes des stéréotypes de genre et de la domination masculine qui les ramènent entre les quatre murs de leur foyer, les rendent vulnérables à la violence et aux injustices et les éloignent de l’Éducation émancipatrice.

Vanessa Martin, responsable du plaidoyer à Aide et Action, insiste : « Nous travaillons sur des terrains sensibles où l’accès des filles à l’Education était déjà loin d’être acquis. Avec la crise de la COVID-19, qui va affecter durablement les économies et les populations de tous les pays, la condition féminine va très probablement faire un immense bond en arrière ».

Les associations et ONG devront être extrêmement vigilantes et encourager les Etats à promouvoir rapidement des politiques volontaristes en faveur des droits des filles et des femmes. Le 8 mars 2021 sera donc une opportunité à saisir pour la construction du « Monde d’Après » : il faut rendre à la moitié de l’Humanité la place active et citoyenne qui lui a été ravie, au sein de la société, depuis des siècles !

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