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Les changements climatiques, l’agriculture, la sécurité alimentaire et le développement rural en Tunisie

jeudi 3 juin 2021

L’urgence climatique est déclarée à l’échelle planétaire, dans tous les pays, à des degrés divers, pour maîtriser le réchauffement de la planète et atteindre l’objectif de la neutralité carbone vers 2050. Engagée dans ce processus, la Tunisie s’était mise à l’œuvre pour contribuer à atteindre cet objectif, dans tous les secteurs économiques, dont notamment celui de l’agriculture, en mettant en œuvre une stratégie nationale appropriée à son contexte aride, s’articulant autour de deux axes complémentaires de gestion des risques climatiques, à savoir :
- L’atténuation des émissions des gaz à effet de serre (GES) moyennant de multiples réformes visant la décarbonations des modes de vie et
- l’adaptation des populations menacées au regard des risques climatiques par le développement de leurs « capacités » à modifier leurs pratiques dans leurs environnements nouveaux, condition pour maintenir leurs niveaux de vie et assurer leurs sécurités.

Pour la Tunisie aride sur plus de 80 % de son territoire, survivant déjà à une pénurie hydrique structurelle très contraignante, les risques liés aux aléas climatiques projetés (lNM, 2017 et MARHP, 2020-2021 Etude des impacts des changements climatiques sur la sécurité alimentaire…), impacteront fortement les ressources en eau mobilisables et les performances de leurs usages agricoles. Par voie de conséquence, cela affectera directement la sécurité alimentaire et le développement rural. Face à ces menaces, la question qui s’impose avec insistance aux parties prenantes concernées serait la suivante : Y aurait-t-il encore une marge d’adaptation du secteur de l’agriculture, à une exacerbation de l’aridité, alors qu’il a déjà atteint ses limites de durabilité ? Et dans tous les cas de figure, quels seraient les déterminants et les caractéristiques de toute nouvelle agriculture et de ses impacts prévisibles sur la sécurité alimentaire et le développement rural ? C’est que les populations autochtones qui s’étaient succédées dans ce pays avaient développé, depuis la préhistoire, des modes de vie bien adaptés (habitation, habillement, diète, aménagement des terres, mobilisation de l’eau, sélection des espèces et variétés adaptées locales) aux contraintes de leur environnement aride, pour mener une vie sobre, économe, mais néanmoins très vulnérable aux à-coups climatiques. Dans toute tentative de répondre à cette interrogation, il importe de décrire au préalable : i- Le diagnostic de l’état actuel de ce secteur agricole, ii- Les mutations sociétales sur le long terme et le niveau de la demande sociale, à l’horizon temporel fixé, en droits citoyens et en biens et services attendus de l’ agriculture et des ressources naturelles, iii- Le profil de l’agriculture qui serait apte, non seulement à maintenir le niveau de vie actuel, jugé très insuffisant, mais à satisfaire lesdits droits et besoins futurs croissants iv- La capacité de cette agriculture à se soustraire aux facteurs limitant qui handicapent ses performances et à s’adapter, en plus, aux importantes incertitudes de péjorations climatiques sur le long terme et de la mondialisation…


Voir en ligne : Leaders du 02/06/2021 par Ali Mhiri

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